LA TRANSAT !!!

On l’a faite !!!  Jean-Roch, Théo et moi on a traversé l’atlantique sur notre bateau TEIVA ! On est parti de Mindelo au Cap Vert le mardi 29 novembre 2016. Mardi 13 décembre, 14 jours plus tard (plus exactement 13 jours et 22 heures !), on est arrivé au Marin en Martinique.  2100 miles séparent le Cap Vert de la Martinique, on en a parcouru 2600 miles soit plus de 5000 km (on a  tiré des bords), à une vitesse moyenne de 7,8 nœuds. Ça ne vous parle peut-être pas trop, mais pour nous c’est vraiment bien !

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Notre trajectoire entre le Cap Vert et la Martinique avec le fichier météo pris au départ.
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Même trajectoire avec un fichier météo pris en cours de transat.

On a retardé notre départ du Cap Vert car les alizés n’étaient pas bien établis et on avait peur d’avoir de grandes zones sans vent. En prévision on a acheté des bidons et on a embarqué 100 litres de gasoil en plus des 320 litres contenus dans nos réservoirs. En fait, on n’a jamais eu besoin de mettre les moteurs pour avancer mais on les fera tourner au moins trois heures par jour pour recharger les batteries.

 

La première semaine de traversée les vents vents sont plutôt faibles, entre 10 et 15 nœuds.Pour nous c’est l’idéal, la mer n’est pas trop formée, on avance tranquillement à une vitesse d’environ 6 nœuds avec le Gennaker (notre très grande voile d’avant, plus facile à gérer que le spi).

 

La deuxième semaine est beaucoup plus musclée. Les vents sont entre 20 et 30 nœuds avec des rafales jusqu’à 40 nœuds dans les grains ! On va vite, autour de 9 nœuds de moyenne, on parcourt plus de 200 miles par jour (près de 400 km). La mer est agitée, avec une houle croisée. On est secoués, on navigue avec deux ris sur la grande voile et le solent réduit. Jean-Roch met son gilet et son harnais pour faire les manœuvres, avec Théo on reste dans le cockpit ou dedans. On a fait un surf à 18,8 nœuds !!! Les deux derniers jours on a trois ris dans la grande voile et le solent, on prend des grains…

 

La dernière journée on entend toutes les demi-heures à la VHF un BMS (bulletin météo spécial) avisant de vents de force 6 localement 7 avec des vagues de 4 à 5m,  pouvant aller jusqu’à 6m ! Un bateau a démâté vers Sainte Lucie, un autre s’est échoué en Martinique… Ça se mérite les Antilles !

On arrive dans la baie du Marin sous un grain, il pleut des trombes d’eau, on n’y voit pas à trois mètres ! Le bateau a du mal à avancer face au vent, malgré les deux moteurs. Dix minutes après le soleil est là.

 

 

QU’EST-CE QU’ON FAIT PENDANT UNE TRAVERSÉE ?!

Pendant la première semaine on a pêché deux gros thons, un de 69 cm et l’autre de 75 et on les a mangés à deux… Théo n’a pas voulu y goûter. Ne nous parlez plus du thon !!!

 

En traversée on contemple beaucoup. Un  jour on a vu une grosse tâche sombre qui nous suivait sous la coque bâbord. Elle s’est ensuite déplacée pour ressortir tout près de nous prendre de l’air. D’après nos livres de bord on pensait que c’était un « faux-orque », mais ça devait être un globicéphale de 5 à 6 mètres de long. Magique !

Souvent, le matin ou le soir on a  la visite des dauphins qui viennent jouer avec les étraves de TEIVA et nous offrent un spectacle d’une demi-heure ou plus.

 

Lorsque la mer est calme Théo peut s’amuser sur le trampoline ou faire de l’escalade !

 

En navigation, pour passer le temps, on cuisine, on lit, on joue, on regarde des films  et Théo fait du CNED avec Jean-Roch.

 

La plupart du temps on est seul sur l’océan, on croise très peu de bateaux… Mais deux fois on a dû se dérouter, une première fois pour éviter un superbe trois mats sous voile et une autre fois pour éviter un pétrolier. Un jour un bateau nous a contactés par VHF. C’était un monocoque Allemand qui allait sur Sainte Lucie avec l’ARC, un Rallye de plus de 200 bateaux qui font la traversée ensemble.

 

Pendant toute la traversée on a vu des oiseaux. Ils viennent pêcher autour de TEIVA. Un jour un rapace est venu se reposer sur TEIVA. Il est resté presqu’une heure. Il a bu l’eau qu’on lui a donné, mais n’a pas touché au pain.

 

On a aussi récupéré beaucoup de poissons volants le matin sur les filets. Une nuit, pendant un quart un poisson a même atterri sur mes pieds ! Arrivé au Marin on en trouvera un desséché dans l’annexe.

 

Et toute la traversée on a eu droit à de superbes levers et couchers de soleil.

 

Sinon, une transat c’est une veille permanente, et donc des quarts. On a commencé par se partager la nuit en deux. Jean-Roch allait se coucher avec Théo, je prenais le premier quart. En milieu de nuit on changeait. Pendant mes quarts je lis et je fais sonner mon tél. toutes les ½ heures pour faire un tour d’horizon. Jean-Roch arrive à se reposer un peu entre deux alarmes. Mais au bout d’une semaine à ce rythme j’étais épuisée. Je lutais pour ne pas dormir en début de soirée et je n’arrivais plus à m’endormir lorsque Jean-Roch me relayait… La deuxième semaine on s’est organisé différemment. J’allais me coucher dès 18h 30 ou 19h et on faisait des quarts de 2 à 3 h. C’était beaucoup moins fatiguant.

 

NOS PETITES BETISES…

On en a fait une belle en milieu de traversée… On a fait tomber notre gennaker à la mer !  Pas mal non ?! Comment on a fait ? Faudra nous payer un apéro pour qu’on vous le raconte ! Après une bonne demi-heure de lutte on a réussi à le  remonter sur le bateau. Il n’est même pas abîmé, juste un peu bleu par endroit (là où il a touché l’antifouling).

 

Sinon, proche de l’arrivée, Jean-Roch et Théo ont été réveillés en pleine nuit pas des litres d’eau qui leur sont tombés dessus. Ils avaient chaud et avaient ouvert le hublot pour avoir de l’air. Une grosse vague est passée par là ! Je faisais mon quart, je l’ai vue arriver et j’ai juste eu le temps de faire un bond pour l’éviter… Le lit est trempé, Jean-Roch dit à Théo de vite descendre du lit. Théo lui demande « on coule ?». On finira la transat avec un lit en moins, mais on n’a pas coulé !!!

 

QU’EST-CE QU’ON RESSENT APRES L’AVOIR FAITE CETTE TRANSAT ?!

Beaucoup de fatigue ? Oui, on ne peut pas le nier… Mais ça n’est pas ce que l’on retient.

Je suis tout simplement contente 🙂  On a réussi ! Je me rends bien compte qu’on était un peu « légers » pour une transat, mais on a toujours été prudent, on a anticipé et à l’inverse de beaucoup de bateaux, on n’a rien cassé.  J’ai savouré la première semaine et apprécié ces moments partagés en famille au rythme du soleil. Les derniers jours ont été plus difficiles. Une des dernières nuits j’ai eu peur. Le vent a forci, la mer s’est levée, et le bateau allait trop vite… Lorsque Jean-Roch s’est levé il fallait prendre un troisième ris, mais j’avais peur de faire la manœuvre… On l’a faite, ça allait beaucoup mieux après !!!

Théo à qui on a demandé si la transat s’est bien passé pour lui a répondu « oui, j’ai même pas vomi » ! Sinon, il dit qu’il adore les journées en mer, elles passent vite, on a l’impression qu’elles ne durent qu’une heure.

Quant à moi, Jean-Roch, j’ai trouvé super la première semaine, mais j’étais content d’arriver à terre. La fatigue et les conditions de navigation plus dures aidant, les derniers jours m’ont semblé longs. Il était temps qu’on atteigne notre but !! Cependant je ne me suis jamais senti en danger, même avec une mer plus formée. Le bateau a vraiment bien tenu et surfé sur les grandes vagues de l’océan. De plus la vie à trois a été cool, avec un rythme de vie tranquille, même pour les manœuvres qui n’ont pas été si nombreuses en fin de compte !

 

SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?     Pas tout de suite !!!

ET LE PACIFIQUE ?!     Pas tout de suite non plus… Mais pourquoi pas ?!

Le Cap Vert

On ne visitera pas grand-chose du Cap Vert. Nous sommes arrivés à Mindelo sur l’île de Saint Vincent le 17 novembre et on doit être le 17 décembre en Martinique où Anne-Laure et Elodie nous rejoignent. On veut y être avant elles !

 

Dès que l’on débarque, on ressent un décalage. On a quitté l’Europe et nos repères. On est accueilli par des hommes qui nous proposent tous un service : nous appeler un taxi, nous conseiller un bon restaurant ou nous accompagner faire les courses… Toujours avec le sourire et un mot gentil pour nous ou pour Théo. Il y a aussi des enfants qui font la manche, mais ils sont plus insistants et dérangent… Pour la première fois on va devoir faire les formalités d’entrée dans le pays : la clearance. On passe à l’immigration puis à la police pour déclarer notre entrée dans le pays et faire tamponner nos passeports. Ils gardent les papiers du bateau qui nous seront rendus lorsqu’on fera les formalités de sortie du pays.

 

On reste 5 jours à la marina de Mindelo. On y retrouve les équipages de TUVA’U et d’HERMES et on fait la connaissance de Pascal et Cathy sur leur trimaran CHEYENNE et Stéphane et Marie sur leur Outremer 50 Light Mr HAPPY. Théo y trouve pleins de copains (beaucoup de copines surtout) et la liberté des pontons. On ne le voit presque plus, ou alors accompagné d’une ribambelle d’enfants qui remplissent le bateau, à jouer dans le carré ou à faire des acrobaties sur le filet. Leur grand jeu est de s’élancer du pied du mat en se tenant à une drisse, une sorte de balançoire un peu risquée ! Jean-Roch et moi reprenons le rythme tranquille des escales et les apéros avec les copains !

 

On guette la bonne fenêtre météo pour traverser, mais les alizés ne sont pas encore bien installés. Les discussions vont bon train sur les pontons, tout le monde ne parle que de ça et attend… J’ai hâte de partir, mais Jean-Roch et Rico ont peur des conditions météo et préfèrent attendre. Il ne fait pas très beau. Le ciel est souvent couvert et il y a quelques averses.

 

On fait deux excursions sur Saint Vincent. Un après-midi on va sur une plage en face de l’aéroport « Praia de Säo Pedro » avec Manu Anne et Olympe. Le temps est couvert, les couleurs ne sont pas très belles. De gros rouleaux déferlent sur la plage de sable blanc, Théo va jouer dedans avec Rico  et perd son masque. On le cherchera longtemps mais sans succès !

 

Un autre jour on va de l’autre côté de l’île avec Manu, Anne, Olympe, Pascal, Sandrine, Marine, Karl, Rico et Camille. Après une petite halte au bord d’une plage appelée la piscine (car protégée du large par une grande digue) « Baias das Gatas » on rejoint un restaurant à « Ponta do Galhau » où est organisée une fête avec buffet de spécialités, musique et danses locales.

 

Mercredi 23 novembre TUVA’U part pour la transat. Ils ont un routeur (quelqu’un à terre qui regarde la météo et l’analyse pour leur indiquer le meilleur trajet à suivre) qui leur confirme que les conditions sont correctes. J’aurais aimé partir en même temps qu’eux, mais Jean-Roch et Rico ne veulent pas…

Le lendemain on part pour faire un mouillage avec HERMES sur Santa Luzia, une petite île déserte proche de Mindelo. En arrivant on pêche un thazard de 1,40 m de long, notre plus belle prise à ce jour !!!  Face au mouillage, une superbe plage sur laquelle éclatent de gros rouleaux. En arrivant sur la plage un énorme rouleau passe par-dessus l’annexe… Elle est pleine d’eau et tout est trempé dedans mais heureusement personne ne s’est fait mal. Le départ sera encore plus difficile, la mer s’est levée. Sandrine y laissera ses lunettes et sa casquette… On reste trois jours et on partage de bons moments avec Pascal et Sandrine. Samedi HERMES quitte le mouillage, on se reverra aux Antilles. On voulait rester une nuit de plus au mouillage, mais un bateau des douanes vient nous déloger : on est dans une réserve naturelle, le mouillage est interdit… On retourne donc sur Mindelo pour faire les pleins en prévision de la transat.

 

On reste trois nuits au mouillage à Mindelo pour faire les pleins en vue de la Transat. Mardi 29 novembre on quitte Mindelo à 19h30. Rico nous a quitté, on fera cette transat en famille.