On avance sur TEIVA :-)

 

Faute de pouvoir avancer avec TEIVA (vous vous souvenez, on est bloqué à Prickly Bay sur Grenade, en attendant l’arrivée de l’écran du pilote que l’on doit remplacer), on avance sur TEIVA 🙂

 

Je vous le donne un peu dans le désordre :

Notre plus grande victoire : on a installé la grande voile ! Mais ça nous a quand même pris une bonne journée cette histoire… et ça a plutôt mal commencé. Jean-Roch ne retrouve pas une petite pièce qu’il a enlevée en juin dernier et qui permet d’accrocher le haut de la grande voile à son chariot. Un petit truc métallique de 2cm de long, qui ne paye pas de mine du tout, mais qui nous a enquiquiné (pour ne pas dire autre chose…) plus d’une heure. Après avoir retourné tout le bateau, Jean-Roch a fini par aller à la marina pour en racheter une ! Ensuite, je vous épargnerai la voile mise devant derrière (ne vous moquez pas, ça peut arriver, et puis d’abord, on s’en est rendu compte tout de suite !), le bout de la troisième bosse de ris mal monté (on défait puis on recommence) et les deux lattes qui nous restent sur le pont, alors qu’on les a toutes mises sur la grande voile !!! (on avait oublié qu’il y en avait aussi sur le lazy bag, ce grand sac dans lequel on range la grande voile pour la protéger du soleil). Enfin, elle est en place cette GV et c’est l’essentiel non ?!

 

Après ça, on a remis en place tous les bouts, les poulies et autres petites choses que l’on avait enlevés du pont de TEIVA. Les photos que l’on avait prises au démontage nous permettent de retrouver sans trop de souci une place pour chaque chose 🙂

Entre deux, on enlève les petits points de rouille pas ci par là, on astique (c’est simple, il brille tellement maintenant TEIVA qu’on ne quitte plus les lunettes de soleil à bord !), on remplace les élastiques brulés par le soleil, les bouts usés.

On a aussi remis en place les deux bastaques (elles relient un point du mât à l’arrière du bateau, empêchant le mât de basculer vers l’avant).

On range aussi 🙂 , il est méconnaissable le bateau !  (je ne peux pas vous le montrer en photo, parce qu’on a déjà tout remis en bazar… je serai plus réactive la prochaine fois !).

On en profite aussi pour changer notre échelle de bain. L’ancienne n’avait presque plus de barreau et ça commençait à devenir un peu trop sportif à mon goût pour remonter à bord. Puis Jean-Roch remplace le support de manivelle de winch du cockpit (il reste encore à remettre celui du pied de mat…).

 

Pour tout mettre en place, Jean-Roch a dû ressortir son baudrier. Il est à ce jour monté une petite dizaine de fois au mat… Oui, on retrouve là notre grand sens de l’organisation… en règle générale, les copains s’en sortent en ne montant qu’une ou deux fois ! (mais on s’en fiche, on s’en sort quand même 🙂 ). C’est dans ces moment-là que j’apprécie le plus notre winch électrique, parce qu’en fait, c’est moi qui monte Jean-Roch au mat ! J’ai dû le faire une fois en mer, au winch à main  et rien que d’y repenser j’ai à nouveau mal aux bras !

 

Tout ça dans des conditions pas toujours faciles. Mais le capitaine ne se laisse pas abattre ! Il pleut ? Tant mieux, on va avoir de l’eau douce 🙂

 

Et notre petit mousse dans tout ça ?! Il s’occupe ! Théo a retrouvé avec grand plaisir ses KAPLA, ses dinosaures et ses petites voitures, il a recommencé la pêche (grâce à une crevette suicidaire) et il nous fait de superbes dessins pour le CNED. Il a aussi retrouvé le plaisir des plongeons depuis TEIVA.

Alors pour le récompenser de sa patience, on lui donne des cours de conduite d’annexe et on lui a installé une baignoire à bord de TEIVA 🙂

 

 

Vous voyez, on avance sur TEIVA !!! De toute façon, on n’a pas le choix, on n’a toujours pas de marche arrière 🙂 (vous vous souvenez, l’annexe…).

De petite victoire en petite victoire on pense même pouvoir lever l’ancre d’ici peu ! Enfin, pas avant une grosse semaine… Mais il nous faudra encore un bon mois avant que TEIVA ne soit vraiment opérationnel. Arrivé au Marin, en Martinique, on aura encore à régler les problèmes du frigo et de l’enrouleur de solent (notre petite voile avant) 🙂

 

 

 

Sans rire, c’est une caméra cachée ?!

Bon, ça commence à bien faire… Nous voilà sur TEIVA depuis moins d’une semaine et les mauvaises surprises s’accumulent !

Vous vous souvenez, on a trouvé l’écran du pilote HS.  Ça n’est que le début d’une longue liste…

Dès que le lendemain de la mise à l’eau, Jean-Roch utilise l’annexe pour aller au bureau de la marina. Surprise… notre superbe annexe n’a plus de marche arrière !!! Jean-Roch, a fait une mauvaise manip lors de la révision du moteur. Pour l’instant il n’arrive pas à réparer (Jean-Roch, je t’avais dit de faire aussi le stage moteur hors-bord…). Mais on ne se plaint pas, ça aurait été beaucoup plus embêtant si on n’avait eu que la marche arrière !

Puis en nettoyant le placard sous l’évier je trouve un peu d’eau. Jean-Roch regarde ce qu’il en est, notre évier est complétement rouillé… et il est percé ! Heureusement, il a réussi à colmater. On verra combien de temps ça va tenir…

Ensuite il y a le convertisseur… Vous savez, ce petit appareil qui transforme la tension continue de 12 V des batteries en du 220 V alternatif pour que l’on puisse recharger nos appareils électriques (ordinateurs, téléphone, appareil photo…). Sans lui, on serait perdu ! Et bien vous avez deviné, il dysfonctionne lui aussi 😦 . Ça reste un mystère pour nous. Jean-Roch enlève et remet le même fusible et il redémarre. C’est grave docteur ?!

Pour finir, deux jours après notre arrivée sur TEIVA c’est le frigo qui rend l’âme 😦 . Le frigoriste qui intervient nous promet que pour 400€ il peut colmater la fuite et remettre du gaz. On dit NON !!! Il a quand même 16 ans notre frigo, et vu l’état de corrosion dans lequel il se trouve, on n’est pas sûr que ça vaille le coup… On attendra donc d’arriver au Marin, en Martinique, pour essayer de régler ce problème. Et puis François et Benjamin ont tenu plus d’un an sans frigo sur ECHO, on va bien tenir un mois non ?! (la vérité, François et Benjamin, comment vous avez fait ?! vous êtes des héros pour moi !).

Malgré tout, on essaye de garder le moral !!! (après l’évier percé, Jean-Roch a bien envisagé d’arrêter le bateau, mais après un ti’punch il s’est ressaisi 🙂 ).

C’est donc avec bravoure que Jean-Roch s’affaire sur la lumière du cockpit qui ne fonctionne plus, la fameuse lumière qui a clignoté pendant plus de 8 mois… (dit Pascal, tu ne pourrais pas venir lui donner un petit coup de main ?!). Ça n’était pas tout simple, mais il a vaincu (notre capitaine, ce héro 🙂 ).

Fort de cette réussite, nous décidons de nous attaquer au solent (la petite voile avant). Avant toute chose, on doit remettre les écoutes en place et le bout sur l’enrouleur. Mais surprise, l’enrouleur est complètement bloqué !!! Dites, c’est une blague non ? Il y a une caméra caché quelque part et on va passer à vidéo gag ?!

 

Bon… on garde le moral (surtout, ne jamais désespérer !). Et puis il faut positiver, hier Théo a fini le module 2 du CNED et pour fêter ça, on s’est payé un bon petit restau le midi 🙂 .

 

 

 

Et les shadoks pompaient…

Après toutes ces péripéties, il faut rendre notre logement. On passe notre dernière nuit avant la mise à l’eau sur TEIVA. Rien n’est terminé… les voiles sont encore dans les coques, les matelas en vrac et on arrive avec tout notre bazar 😦 .

 

TEIVA est mis à l’eau à la nuit tombée. Cette fois ci on reste sur le bateau pendant qu’il est mis à l’eau, tracté par une remorque. Lorsque l’on est sur l’eau, quatre hommes maintiennent TEIVA avec des amarres, le temps que l’on démarre les moteurs. Mais on traine un peu (vous vous souvenez, il faut réamorcer les moteurs…), alors ils nous amarrent et s’en vont. On a toute la nuit pour y arriver, demain matin à 7h30 ils ont besoin de la place pour une autre mise à l’eau !

 

Après l’effort, le réconfort 🙂 . À 19 h on rejoint Didier et Véro sur un autre bateau de Montagnards (Philippe et Renée, d’Evian) pour un petit apéro bien mérité !

C’est bien fatigué (mais non, pas par l’apéro… je vous rappelle que ça fait quatre jours qu’on bosse sur TEIVA par plus de 30°C à l’ombre !) que l’on rejoint TEIVA pour notre première nuit à bord d’un bateau sur l’eau :-). Et ça commence mal… il y a une bonne centaine de litres d’eau dans la coque bâbord et la pompe de cale ne s’est pas déclenchée ! Nous voilà donc partis pour pomper !!! Une bonne heure plus tard, plus de peur que de mal, le speedo était simplement mal vissé !

 

Vous allez rire :-)

On a passé les quatre premières nuits à Grenade dans un petit appartement à 10 min. à pied de Clarkes court bay, la marina où l’on a laissé TEIVA pour la période cyclonique. Les journées sont rythmées par le CNED pour Théo (et moi) et les travaux sur TEIVA pour le capitaine.

 

L’après-midi on rejoint parfois Jean-Roch sur TEIVA, il fait la révision des moteurs (les deux de TEIVA et celui de l’annexe).  À Clarkes court on retrouve Didier et Véro, d’Annecy. On les avait connus à la Grande Motte, sur leur superbe catamaran ROOTSIE (un OUTREMER 45 nouvelle génération) ! Je profite de leur voiture de location pour aller faire des courses ou retirer de l’argent. On doit payer Devon qui s’occupe de refaire l’anti-fooling, nettoyer l’extérieur du bateau et faire quelques bricoles sur la coque de TEIVA.

 

Ça parait simple non ? On vous avait habitué à un peu plus de piment ?! Attendez un peu que je vous explique tout !!!

 

  • Les cartes bleues à Grenade :

Pour commencer, à notre arrivée à Grenade Devon nous accueil à l’aéroport pour nous conduire à notre location. En chemin il nous conduit à un distributeur pour retirer quelques dollars Caraïbes (EC$). Première banque, échec… Seconde banque, deuxième échec… Le problème se complique, on n’a pas un sou en poche !  Jean-Roch s’était trompé de code 😦 et j’ai peur qu’il ait bloqué la carte…  Heureusement, avec les deux autres cartes on arrive finalement à retirer 1500 EC$ (environ 500€).

À la marina, aucune des trois cartes de crédit ne passe pour payer l’anti-fooling, le peu de liquide que l’on avait y passe…

Le lendemain, me voilà donc repartie avec trois cartes de crédit à l’assaut des banques. Selon le jour et le lieu une ou l’autre fonctionne, mais jamais les trois ! Pour compliquer le tout, on ne peut retirer que 500 EC$ par carte et par jour (environ 150 €). Sachant qu’il nous faudra presque 2000 EC$ pour payer les travaux de Devon, ça n’est pas gagné ! Pour pimenter le tout, comme les cartes ne fonctionnent pas toujours dans les magasins, on doit souvent payer en liquide… (et souvenez-vous, du liquide, on en manque 🙂 ).

Didier et Véro vont nous sauver. Le jour de la mise à l’eau de TEIVA ils partent avec nos trois cartes de crédit et arrivent à retirer 1000 EC$ et à nous acheter une nouvelle échelle de bain (mais ça, c’est une autre histoire !).

 

  • Une mauvaise surprise 😦 :

En montant à bord de TEIVA on remarque qu’il manque une des protections des cadrans servants à la navigation. On le retrouvera sous le bateau d’à côté. Mais le cache de l’écran semble fendu… Jean-Roch les tests, l’écran du pilote est Hors Service. Il faudra le changer… 750€ qui s’envolent !

 

  • L’intérieur du bateau après plus de cinq mois fermé aux Antilles :

On avait mis un produit miracle dedans pour éviter les moisissures (du formol). Ça n’a pas trop mal fonctionné, mais on avait laissé tous les placards fermés… Grosse erreur ! Il n’y a pas de moisissure dans le bateau, mais les placards en sont clapis 😦 . Je suis quitte pour tout vider, lessiver l’intérieur de ces satanés placards et laver tout ce qu’il y avait dedans… Conclusion : j’ai vraiment beaucoup trop de bazar. À se demander comment il peut encore flotter ce pauvre bateau… C’est peut-être pour ça qu’on ne va pas toujours aussi vite qu’on le devrait ! Ouf… j’avais pensé un instant que ça venait d’un manque de compétences de l’équipage 🙂 .

Les cuves d’eau sont elles aussi dans un sale état. C’est Jean-Roch qui s’y colle et tant mieux, parce que ça n’est pas une mince affaire non plus !

 

  • Révision des moteurs :

Pour les moteurs, grâce à son stage moteur, Jean-Roch gère bien son affaire. Le plus dur aura été de sortir le moteur hors-bord de la cale moteur où on l’avait rangé. Il se fera aider par des ouvriers qui travaillent sur la coque. Un seul problème, après avoir fait la vidange et changé les filtres, il n’arrive pas à réamorcer les moteurs de TEIVA … Devon fait venir un mécano à bord qui donne quelques conseils à Jean-Roch, ça ne semble pas trop grave.

 

  • Le gréement :

Ensuite il faut monter au mat puis remettre la bôme en place. C’est Devon qui aidera Jean-Roch pour la bôme. Elle est vite remise en place, mais Jean-Roch est embêté par des petits bouts qui dépassent de la bôme, alors il les coupe… MERDE !!! C’étaient les messagers pour remettre en place les bouts de prises de ris 😦 . Les petites mains de Théo vont nous sauver, il arrive à récupérer les messagers dans la bôme :-). Résultat, on ne touche plus au gréement, c’est trop anxiogène… Et puis de toute façon, on n’a pas le temps de tout faire avant la mise à l’eau !

 

Après cinq mois à terre, LES RETROUVAILLES !!!

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Voilà plus de cinq mois que l’on a quitté TEIVA et à terre, on n’a plus de maison… Alors qu’est-ce qu’on a bien pu faire ? Demandez aux copains ! 🙂

On a sillonné la France entre amis et famille, à Lyon, en Haute-Savoie, en Corse, à Pernes les Fontaines, en Bretagne, de nouveau en Haute-Savoie et en Corse, à Salon de Provence et à Montpellier. On a fait du bateau aussi 🙂 , du ferry pour aller en Corse, du bateau à moteur à Bonifacio, puis à Ajaccio où on a fait de belles pêches (merci Jean 🙂 ) et on a passé une superbe journée à la Grande Motte sur TUVA’U, un OUTREMER 45 (merci Anne, Manu et Olympe 🙂 ).

 

Théo a savouré les retrouvailles avec ses copains, mais on n’a pas trouvé le temps de passer par Grenoble (tu ne m’en voudras pas trop mon parrain préféré ?!) ni d’aller voir un trésor caché dans un garage du bassin d’Arcachon (désolé Delphine et Frédéric, on aurait vraiment beaucoup aimé vous revoir… peut-être cet hivers en Guadeloupe ? ou plus tard chez vous ?! 🙂 ).

 

Donc, après plus de 5 mois de séparation, le 9 novembre 2017 TEIVA va retrouver son équipage 🙂

Après une dernière soirée en famille avec Anne-Laure, Elodie, Rémi, Noémie, Colin et Charlotte, c’est à 6h30 du matin et chargés comme des mules que l’on quitte Lyon ! Un premier TGV nous mène à la gare de Macy, d’où nous prenons un bus pour Orly, avant d’embarquer dans notre avion qui décollera à 12h10 pour Fort de France en Martinique.

Je vous disais, chargés comme des mules, à vous de juger… Nous avons pour le capitaine et ses deux mousses trois grosses valises en soute de plus de 23 kg et à la main trois sacs cabines qui doivent bien peser plus de 10kg chacun, un sac à main, un sac à dos, trois ordinateurs portables et un youkoulélé (merci à Air Caraïbe et Lyat d’avoir fermé les yeux sur nos quelques excédants de bagages ! 🙂 ). Mais qu’est-ce qu’on a bien pu mettre dans tous ces sacs ?! Beaucoup de livres, le CNED de Théo, un peu de charcuterie Corse, de la chocolade pour Théo, du miel pour moi, quelques pièces pour le bateau, deux trois vêtements, une dizaine de doudous pour Théo et un gros paquet que le père Noël nous a confié !

 

On passe deux nuits en Martinique où l’on retrouve les pommes cannelles, le Marin  et surtout l’équipage de LOTUS : Elodie, Julien, Violette et Lilas 🙂 Nous voilà tout de suite dans le bain !

 

On repartira pour Grenade, via la Barbade, dont nous ne verrons que la salle de transit de l’aéroport 😦

Jeudi 9 novembre 2017 on a donc retrouvé avec plaisir TEIVA, mais avant de poser nos valises à bord, on va lui offrir une petite beauté et essayer de remettre en place tout ce que l’on a défait avant de le quitter (et ça ne sera pas une mince affaire…).