La parole à l’équipage :-)

Chose promise chose due, la parole est maintenant à l’équipage et je laisse à chacun d’entre nous le soin de raconter sa transat 😉

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La parole à notre capitaine, Jean-Roch :

La transat retour nous a permis de boucler le tour de l’Atlantique en deux ans. Pour des raisons personnelles, je ne voulais pas aller trop loin de France et donc pas dans le Pacifique. On avait toujours dit, avec Marie-Claire, que si cette aventure ne convenait pas ou plus à l’un de nous trois, on arrêterait.

Cette transat retour a été une bonne expérience. Je l’appréhendais moins que celle de l’aller où j’étais encore novice. J’avais toutefois un peu peur des dépressions de l’hémisphère nord et j’ai, dans un premier temps, demandé à un ami à terre de bien vouloir m’en avertir pendant la navigation. J’ai réalisé que c’était lui donner des responsabilités énormes et nous avons choisi de faire plutôt appel à un routeur professionnel : Michel Meulnet,

J’ai été très satisfait de son routage qui nous a fait prendre la route classique au nord des Bermudes,

Nous avons pu passer au nord de l’anticyclone des Açores et profiter des vents portants. Nous avons pris un petit front froid et évité une dépression plus active en ne la prenant que par la bordure. Par contre nous avons toujours eu une mer hachée et une houle, lors des passages des fronts, impressionnante !

Ayant la chance de ne pas avoir le mal de mer, je me suis occupé en faisant la cuisine, le pain du matin et la vaisselle avec Louis. Marie-Claire, bien que malade avec Théo, intervenait dans les manœuvres. La journée s’écoulait en lecture, films et discussion. Je m’occupais des liaisons par iridium avec le routeur et Marie-Claire écrivait son billet quotidien qu’Anne-Laure était chargée de répercuter aux membres de la famille et amis.

Nous avons bien eu quelques pépins, dont un qui a failli nous détourner vers les Bermudes, mais on a su y faire face.

Le bateau a confirmé sa bonne tenue dans des mers houleuses et sa rapidité : on a fait plusieurs journées à plus de 200 milles. Nous avons parcouru 2600 milles en un peu plus de 14 jours. La grande différence avec la transat allée (2600 milles en un peu plus de 13 jours) c’est qu’il y avait Louis ! Il nous a permis de faire des quarts de 3h (c’est plus reposant qu’à l’aller où nous étions que 2), nous a aidé dans les manœuvres, est monté 2 fois au mat et a été un compagnon de jeu pour Théo et d’échange pour moi, J’ai apprécié son esprit curieux, son désir d’apprendre et son calme montagnard.

La transat n’est pas terminée, car nous sommes encore aux Açores et il nous reste 900 milles pour Gibraltar… une rigolade… ?!!

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Puis notre petit mousse Théo :

J’ai bien aimé la transat, mais j’ai juste trouvé que la mer était un peu trop agitée…

J’ai trouvée cette traversée plus longue que celle de la transat allée. J’ai regardé beaucoup de films, car j’étais trop brassé pour jouer et cela en réalité m’ennuyait un petit peu…

Je suis content d’avoir pu voir une méduse à crinière de lion et j‘ai bien profité quand Louis était là 🙂

Finalement, je suis plutôt fier d’avoir pu faire cette traversée car j’ai hésité à prendre l’avion et rejoindre Mina et Missia en Corse.

Théo

 

La parole à notre Marin  : Louis

Tout d’abord, je tiens à remercier Jean-Roch, Marie-Claire et Théo pour m’avoir permis de monter à bord de Teiva et vivre cette expérience inoubliable qu’est la Transatlantique à la voile.

Étant montagnard, je ne savais pas trop dans quelle aventure je m’embarquais. Mais j’ai eu la chance de pouvoir m’habituer au bateau quelque temps avant le départ de la transat, et de découvrir assez rapidement que j’ai le pied marin. J’ai eu la chance de ne pas être malade, ce qui n’a pas été le cas de Marie-Claire et Théo.

Je suis parti avec l’idée de découvrir une nature et des paysages complètement inconnus pour moi, mais aussi pour apprendre la navigation à la voile au sens le plus large. Pour ce qui est de la nature et des paysages, j’en ai pris plein les yeux ! J’ai découvert un monde magnifique, avec ses levers et couchers de soleil, les dauphins et baleines, les nuances de bleus et les étoiles…

Ce genre de navigation pourrait paraître monotone puisque le paysage ne change que très peu. Mais je ne me suis pas ennuyé une seule fois. A bord de Téiva, les activités sont variées : jeux, films, lecture, observation, réglages et manœuvres rythment nos journées. Et en prime, je m’entends bien avec l’équipage.

J’ai beaucoup lu sur les grands principes de la navigation à la voile, puis sur la météo et les nuages, et la nuit sur les étoiles et constellations. J’ai beaucoup aimé essayer de comprendre les différents réglages des voiles et le fait que nous avançons uniquement grâce au vent me paraît incroyable. Pour ce qui est de la météo, le routeur nous a fait passer par des conditions assez confortables, et comme me disait Jean-Roch, c’est mieux pour ma première expérience de la voile. La mer levée ne m’a pas spécialement intimidé, vu que nous n’avons pas commis d’imprudence, et j’ai confiance en Teiva. Ce qui me permet de plutôt bien dormir dans la pointe avant tribord, sauf une ou deux nuits ou ça bougeait beaucoup.

Je n’ai pas trouvé cette traversée très fatigante (on peut se reposer la journée aussi), et je pense que j’aurais pu rester plus longtemps en mer. J’ai beaucoup aimé cette sensation d’être loin de tout, sans internet ni téléphone. Néanmoins, après avoir vu toutes ces nuances de bleus et cet horizon permanent, je suis content de retrouver mes montagnes avec les nuances de verts qu’elles comportent. Mais je compte bien retourner sur la mer, pour des petites ou des grandes navigations.

Louis

 

Et enfin, mon ressenti, ou la parole à Marie-Claire :

Par quoi commencer ?! Peut-être par mon état d’esprit avant de commencer cette transat. Je ne voulais pas la faire… Pourquoi ? Dès le début de notre « balade », je n’ai jamais envisagé de faire cette transat retour. Elle me semblait être trop dure pour nous et était trop anxiogène pour moi (un récit dramatique de « transat retour » en famille me hante depuis que l’on est parti en mer…). Alors j’avais envisagé de passer Panama, de traverser le Pacifique et d’aller jusqu’en Australie pour y revendre TEIVA.  Vous me direz que le Pacifique n’est pas une mince affaire non plus ! Sans aucun doute 😉

Et puis la fin de l’aventure n’est pas mon choix, mais celui du capitaine… Mon rêve de Pacifique ne se réalisera pas en famille sur TEIVA 😦  De plus, aucun projet ne se profile à l’horizon… Nous ne savons toujours pas où l’on va s’installer pour la prochaine rentrée scolaire de Théo…

Ceci étant dit, vous ne vous étonnerez donc pas si je vous dis que j’ai beaucoup moins apprécié cette transat retour que la transat allée 😉

J’ai trouvé les conditions de navigations difficiles, ou plutôt inconfortables… Nous avons eu la grande majorité du temps une houle courte et croisée sur laquelle TEIVA butait et moi je souffrais… Je souffrais de mal de mer et je souffrais de voir Théo encore plus mal que moi et malade. Les 10 premiers jours il mangeait très peu, ne buvait guère et vomissait régulièrement 😦  Et puis il ne faisait pas très chaud et on restait la majorité du temps confiné dans le carré (allongé, à regarder des films sur l’ordinateur 😉  ). Carré qui était notre salle à manger, la chambre de Théo, la salle de cinéma, la salle de jeux et de lecture ! Bref, je trouvais les journées longues et je dormais mal la nuit…

Les derniers jours le temps s’est arrangé. TEIVA s’est mis à glisser sur l’Océan, on a commencé à voir des dauphins, une baleine 🙂  Le soleil s’est fait moins timide, on a pu aller plus souvent dehors. Je n’ai plus été dérangée, Théo n’a plus été malade et il s’est remis à manger (à dévorer même !) et à jouer 🙂  J’ai alors commencé à retrouver et apprécier tout ce qui m’avait enchanté lors de notre transat allée : les levers et couchers de soleil et de lune, les étoiles, le ballet des dauphins, le bruit de l’eau sur les coques de TEIVA… Et quelle joie lorsque la terre apparaît au loin 🙂

En conclusion, je suis malgré tout contente de l’avoir faite cette transat, même si je l’ai beaucoup moins appréciée que la transat allée (en discutant sur les pontons il en ressort que la grande majorité des gens a moins apprécié la transat retour). Contente aussi de l’avoir faite avec Louis à bord. Tu as été un équipier très agréable et sur lequel on pouvait compter. J’étais en toute confiance lorsque tu prenais tes quarts la nuit. Donc un grand merci à toi Louis 😉

Marie-Claire

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